Et si on levait un tabou ?

23 Feb 2019

 

On parle très souvent des effets bénéfiques de l'activité physique sur la santé sur ce blog parce que les preuves sont sans cesse confirmées par de nouvelles publications scientifiques. Cette semaine, nous allons aborder une conséquence fâcheuse de certaines pratiques sportives : l'incontinence urinaire.

 

 

De quoi parle t-on ?

 

De la perte involontaire d'urine. Elle peut survenir chez certaines personnes en riant, en sautant, en courant, notamment.

Sans gravité, ce désagrément peut altérer la qualité de vie des sujets, généré un stress voire contraindre à l'arrêt de certaines pratiques sportives. De plus, ce sujet est insuffisamment évoqué par les personnes car souvent jugé comme honteux.

 

 

La sportive est-elle protégée ?

 

NON. Contrairement à l'image qui voudrait que seules les femmes d'un certain âge et après plusieurs grossesses souffrent d'incontinence urinaire, les sportives sont deux fois plus exposées* à ce trouble.

On remarque même que ce sont les jeunes athlètes de l'élite, sans enfant, qui présentent le plus une incontinence urinaire.

 

 

Comment l'expliquer ?

 

Il semble que les activités à impact élevé, c'est à dire les sauts, la course à pied, ou encore le port de charges avec une vitesse de réalisation rapide entraînent une augmentation de la pression intra-abdominale. Ceci a pour conséquence une fragilisation du plancher pelvien et en particulier du muscle périnée.

 

 

Est-ce inexorable ?

 

NON, pas du tout. Il faut tout d'abord en parler (au corps médical, comme au responsable de l'entraînement) car des solutions existent.

La rééducation périnéale notamment peut être réalisée à tout âge, chez les deux sexes et montre de vrais résultats.

 

 

Que faire ?

 

Il faut revoir certaines pratiques lors des entraînements qui ne devraient plus avoir lieu :

- arrêter les exercices type crunch qui favorisent l'incontinence urinaire,

- étirer les psoas iliaques qui peuvent générer une augmentation de la pression intra-abdominale en étant beaucoup trop raides.

 

Une éducation au travail du plancher pelvien devrait être faite auprès des pratiquants comme des encadrants car la connaissance des bonnes stratégies permet de diminuer de moitié l'incidence de ce trouble chez les personnes sportives informées.

 

 

 

Les choses bougent, et parler du sport au féminin est de plus en plus audible. Citons la création ces dernières années du Centre d'expertise Bretagne du sport santé au féminin.

 

 

 

 

 

 

 

* Teixeira, R. V., Colla, C., Sbruzzi, G., Mallmann, A., & Paiva, L. L. (2018). Prevalence of urinary incontinence in female athletes: a systematic review with meta-analysis. International urogynecology journal, 1-9.

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